La problématique

Plusieurs facteurs affectent l’abondance de nos différentes espèces de chauves-souris au Québec. Les principales causes sont les maladies, la perte d’habitat, l’utilisation de pesticides et le dérangement par les humains (Fenton, 2001).

En plus de contribuer à la biodiversité, les chauves-souris du Québec aident à l’élimination de plusieurs insectes nuisibles à l’agriculture  et à la diminution de l’utilisation de pesticides (Boisseau, 2014). Une étude indique que leur alimentation insectivore permettrait au domaine agricole d’économiser 3,7 milliards de dollars par année en Amérique du Nord (Boisseau, 2014).

En 2006, un champignon (Pseudogymnoascus destructans) venu d’Europe a fait son apparition en Amérique du Nord et plus précisément en 2010 au Québec (MFFP, 2015). Les cas de syndrome du museau blanc se sont multipliés avec les années dû à ce champignon qui cause cette infection. En Amérique du Nord, le syndrome du museau blanc affecte particulièrement les espèces qui hibernent (Dumouchel, 2015). Aimant les basses températures des cavernes, l’infection fongique s’attaque aux tissus des chauves-souris en hibernation. Par conséquent, le nombre de réveils durant l’hibernation est plus élevés chez les chauves-souris atteintes et cela entraîne une perte des réserves de graisses trop rapide (COSEPAC, 2013).  Elles vont donc souvent mourir à bout d’énergie avant la fin de l’hiver.  Dans les dernières années, des centaines de populations de chauves-souris cavernicoles ont été décimées. Cela a entraîné un grand débalancement dans les chaînes alimentaires de nos écosystèmes.

Il est estimé qu’entre 5,7 et 6,7 millions de chauves-souris sont mortes du syndrome du museau blanc depuis son arrivée(Dumouchel, 2015). Selon les données du COSEPAC, on compte environ 94 % de la population de pipistrelle de l’Est, 98 % des petites chauves-souris brunes et 99,8 % des chauves-souris nordiques qui seraient décédées suite à la maladie (COSEPAC, 2013).

Crédit photo:Daniel Jauvin

Sources:

Boisseau, Gaétane. 2014. Le syndrome du museau blanc : une maladie galopante qui menace la survie des chauves-souris hibernantes. InVivo, 2 :6-8.

Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). 2013. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la petite chauve-souris brune (Myotis lucifugus), chauve-souris nordique (Myotis septentrionalis) et la pipistrelle de l’Est (Perimyotis subflavus) au Canada. Gouvernement du Canada. 104p.

Dumouchel, Christine. 2015. Stratégies visant le rétablissement et le maintien des populations de chauves-souris du Québec. Université de Sherbrooke. 115p.

Fenton, M. Brock. 2001. Bats, revised edition. Checkmark Books. 2e edition. New-York. 224p.

Ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs (MFFP). 2015. (Page consultée le 02/12/17). Syndrome du museau blanc chez les chauves-souris. (En ligne). http://www.mffp.gouv.qc.ca/faune/sante-maladies/syndrome-chauve-souris.jsp